Romans

Les Foley ce sont cinq portraits de femmes que Laura semble raccrocher aux murs vides de sa maison. Des portraits qui sentent la tourbe, l'orme qui brûle et le caramel. Des moments d'histoires qui se révèlent par temps gris avec un thé ou un whiskey. Ce sont des femmes qui bercent, qui lisent, qui trappent, qui cuisinent et qui aiment. Mal, souvent, mais qui aiment. Des femmes qui cherchent finalement peut-être simplement toutes la même chose: survivre. Ne pas s'effacer.

Rose est née dans les concessions, un pays de buttes et d'épinettes, d'ours noirs et de cerfs. Lorsque son père, un Allemand au passé nébuleux plus près de la bête que de l'homme vend Marguerite, sa soeur jumelle, la petite Rose en sera à jamais meurtrie. Alors que Marguerite se retrouvera à travailler dans un abattoir parisien, Rose, elle, tentera de refaire sa vie sur une ferme entre confitures et amours tourmentées. Elle s'installera avec son mari Louis Hébert, leurs enfants et leurs petites-filles près des bleuetières. Elle tentera maladivement d'oublier les longues mains effilées de son père, ses yeux verts comme un lac clair et l'humidité du sous-sol en terre battue de la maison de son enfance.

D'origine bavaroise, Tania Schumpf, 23 ans, est arrivée à Montréal pour y faire des études universitaires, perfectionner son français et rejoindre un garçon rencontré sur Internet. Alors que ce dernier la déçoit, la ville lui plaît et elle décide de s'y installer. Pour gagner sa vie, elle travaille comme serveuse dans un restaurant sans prétention, le Madelinot, situé à Saint-Janvier-des-Âmes, un quartier populaire de Montréal. C'est là qu'elle fait la connaissance de Bilodo, un facteur timide, féru de calligraphie et auteur de haïkus, dont elle tombe amoureuse. Un jour d'orage, leurs vies basculent et leurs destins s'entremêlent dans un mouvement qui les emportera vers un ailleurs où rien n'est plus vraiment ce qu'il paraissait être. Avec La fiancée du facteur, les lecteurs retrouveront les personnages touchants et attachants du Facteur émotif, en plus d'être portés, selon Suzanne Giguère du Devoir, par la « grande force d'imagination » de Denis Thériault et son « écriture vraie, riche, imaginative, coquine et lyrique ».

Depuis la forêt enchantée de son enfance, habitée par la sorcière Murasaki et gardée par une divinité kami, en passant par l’Académie où il apprend le métier des armes, à travers les deuils, les trahisons et les déceptions amoureuses, jusqu’aux joutes littéraires dans lesquelles il concourt, Matsuo apprend à vivre et à combattre en rédigeant des wakas. Ces poèmes traditionnels japonais, auxquels l’a initié sa mère dès son plus jeune âge, constituent le trait d’union, le langage commun l’unissant au monde et aux êtres.

Un vieux pêcheur gaspésien, indésirable pour sa bru, se révolte contre sa mise à l'écart par la société. Ayant trouvé une vieille barque, il entreprend, à l'insu des siens et du village, de lui redonner vie et voile, en dépit des épreuves et des périls... Un roman sombre et émouvant.

A travers l'histoire d'un jeune Juif, l'auteur, dans un de ses très rares livres ayant pour cadre Montréal, "poursuit son étude des minorités et des rapports d'un individu avec sa communauté". Une oeuvre réussie, où Montréal et la multitude qui l'habite sont admirablement rendus.

Édition originale, 1950. Le premier roman d'Yves Thériault. Les amours d'une disgrâciée sans le sou avec un homme de peine. Ce dernier a étranglé sa patronne qui se posait en rivale de la fille laide. Un enfant sourd et aveugle étant né du couple maudit, quel destin lui réserve son père? Une oeuvre forte, tragique et, pour certains, outrancière.

Une Montagnaise centenaire raconte sa vie à une femme blanche. Selon André Brochu, l'auteur a renoué avec la "mythologie du Bon Sauvage.

Le roman d'une idée fixe. En 1835, un fermier dans la trentaine néglige sa terre. Il persistera, toute sa vie, à contempler de loin une montagne qui ne lui appartiendra jamais. Style simple, composition nette, intérêt soutenu. Très accessible.

Une de ces oeuvres écrites "à la force du poignet", violente, sombre, instinctive - comme se plaît à dire l'auteur. Le héros, un aveugle autoritaire et emporté, sera vaincu par une femme vindicative et rusée, aidée de quelques sorcières. Pour R. Bérubé, L'appelante est "le roman de la chair humiliée et honteuse, de la chair maudite".

