Romans

Jadis bâti par un riche Russe pour son épouse dépressive, cet immeuble d'Istanbul semblait promis à un avenir paisible. Si l'édifice a gardé son élégance d'antan, il est aujourd'hui infesté par la vermine et les ordures. Cette fiction déambule entre les membres aussi excentriques qu'attachants de cette petite communauté d'un quartier populaire.

Au cours d'un dîner bourgeois dans une villa du Bosphore, les invités parlent des événements dramatiques que subit le pays. Ces conversations déclenchent chez une des invitées, Péri, mariée à un riche promoteur, les souvenirs de ses aspirations et débats en tant que jeune fille et lui font ressentir les contradictions et les impasses qu’elle vit en tant que femme d'aujourd'hui. ©Electre 2018

La vie quotidienne et mouvementée d'une famille turque

La dépression post-partum est abordée de manière onirique et autobiographique par E. Shafak, qui en a fait l'expérience après la naissance de sa fille. Six personnages, djinns ou matriochkas, forment le choeur des voix qui agitent la jeune mère : la cynique Intellectuelle, l'insolente Ambitieuse, la Rationnelle et l'humble Souffle, la Maternelle et la sensuelle Miss Satin Passion.

Leila, une jeune prostituée, est assassinée dans une rue d'Istanbul et son corps jeté dans une poubelle. Durant dix minutes et trente-huit secondes exactement, son esprit continue de fonctionner. Elle se remémore alors comment, issue d'une bonne famille, elle a quitté l'Anatolie pour se retrouver dans les quartiers les plus malfamés de la ville.

En 1840, Arthur, apprenti imprimeur à Londres, apprend l'existence d'un poème oublié de Ninive, une cité mésopotamienne. En 2014, Naryn et sa grand-mère yézidie, chassées de leur village turc, traversent des terres en guerre pour atteindre une vallée sacrée en Irak. En 2018, Zaleekhah, hydrologue londonienne, voit sa vie bouleversée par un livre sur son pays d'origine. ©Electre 2025

1946, Juliet cherche une nouvelle idée de roman. Sa correspondance avec un habitant de Guernesey va lui en apporter une.

Un des romans qui constituent Le Palais des vases brisés, où un petit groupe d'amis, Juifs et Arabes, musulmans et chrétiens, vivent dans la tolérance jusqu'aux émeutes arabes de l'été 1936 à Jérusalem.

Dans Un voyage à Ur de Chaldée, David Shahar poursuit l'évocation de la Jérusalem de sa jeunesse commencée avec Le Palais des Vases brisés (Gallimard, 1978). Ce roman qui d'ailleurs peut se lire indépendamment constitue le second volet d'une trilogie. De nouveaux personnages prennent place, d'autres se précisent sur la vaste fresque animée, tel le petit Sroulik dont l'auteur raconte ici la jeunesse, les luttes, les rêves et les amours.

Jérusalem d'avant la Seconde Guerre mondiale revit grâce à un narrateur à la recherche du temps perdu. Les «vases brisés» sont sans doute ceux du palais de la mémoire : ils sont aussi ceux, très réels, qui servaient à tirer l'eau du puits de la maison d'enfance. Ils font enfin allusion à une idée théosophique audacieuse : la «brisure des vases» est un accident cosmologique dû à l'abondance divine, qui expliquerait l'origine du mal.

