Romans

Le narrateur est obsédé par Alice, médecin comme lui, dont il n'arrivera jamais à calmer les angoisses. Lorsqu'il la laisse à Queens, c'est pour se retrouver à Kuujjuaq, son monde à elle. Entre deux patients, quand il n'en peut plus de penser à elle, il consomme des femmes sur le web des centaines de femmes ou va pêcher. Là, enfoncé jusqu'à mi-cuisse dans les eaux d'un torrent ou le ventre étendu sur la banquise qui fond, il calme sa faim en mangeant du poisson cru. Et il remonte le temps, pour essayer de s'expliquer. Il s'invente une histoire, s'inspirant des hommes qui l'ont précédé, depuis Roméo, l'arrière-grand-père, le premier de sa généalogie à avoir tué un homme, sur les rives du Klondike. Quelles traces ont laissées ceux qui ont traversé les années avant les nôtres ? Que sème-t-on derrière soi dans la fuite ?

Marc S. Morris est un chasseur. À demi Mohawk, dans son sang coule une amertume brûlante nourrie de désillusion et, s'il tue les bêtes, c'est pour éviter de tuer les hommes. Pourtant, Marc S. Morris a la Foi, aimerait avoir la Foi. Devenir pape par exemple. Ou aimer une femme. Dédier sa vie. C'est le lendemain d'un suicide raté que le narrateur raconte, comme dans un ultime sursis, les dix dernières années au cours desquelles il a sillonné en pick-up le continent à la recherche de cette grandeur qui l'aurait transporté. Vu du ciel, son parcours dessine des kilomètres de mots rageurs qu'il trace minutieusement sur les veines même de cette Amérique qui le déçoit

Depuis qu'elle avait survécu aux horreurs de la guerre, Branka Svetidrva était déterminée à prouver que Dieu n'existait pas, qu'Il n'était qu'une fiction forgée pour nous rassurer. Or Branka est morte, hier, atteinte par une balle perdue dans les rues de Jersey City. Elle qui tant de fois à Sarajevo s'était retrouvée dans la mire des snipers. Elle qui portait un enfant à naître dans quelques jours.

Marc Séguin revoit le garçon, l'adolescent puis le jeune adulte qu'il a été. Tous grugés par une incessante inquiétude, ils reviennent hanter l'homme mûr, le peintre reconnu qu'il est devenu. Il y a un train qui siffle au loin, des fissures multiples, un ravin qui se creuse. Et les seins de la belle Arielle. Il y aura des morts. Une amitié malmenée. Et un amour empêché. Comment aimer et se laisser aimer quand on est coupé de ses sentiments? Comment réparer l'irréparable? Dans ce récit sous tension où la fiction pourrait bien jouer des tours à la réalité et où l'art s'avère révélateur tout autant que mensonger, ce qui heurte la conscience du narrateur et lui torture le coeur se dévoile par couches. Les repentirs, ou la mise à l'épreuve des aveux.

Suite à une séparation amoureuse, une femme entame un journal intime pour y consigner tout ce qui lui arrive. Ces extraits, composés sur dix-neuf mois, forment le récit d'une existence au bord de la rupture. Premier roman. ©Electre 2021

Par ce chaud matin de septembre, chacun voit sa vie bouleversée par une vidéo qui fait un malheur sur la toile. Elle montre un jeune homme vêtu d'une djellaba qui entre dans un autobus bondé et qui a une vive altercation avec la chauffeuse. À travers une narration qui épouse en virtuose la langue et la vision de chacun des personnages, Mauricio Segura prend un malin plaisir à croquer ses contemporains. Tout en déboulonnant les préjugés et les idées reçues, il brosse un saisissant portrait du Montréal d'aujourd'hui, de ses misères et aussi de ses espoirs.

Au coeur de la Petite-Bourgogne où il est né, le jeune Oscar P. remarque un phénomène étrange : chaque fois que Brad, son grand frère, se met au piano, la pluie cesse, l'été revient, le soleil refuse de se coucher. C'est donc que la musique, ou à tout le moins la musique que joue Brad, ragtimes et boogie-woogies, possède des pouvoirs magiques. Ces pouvoirs, toutefois, ne protégeront pas Brad de la peste blanche, qui l'emporte bientôt.Le mal atteint également le jeune Oscar, mais il est épargné. Durant sa convalescence, il s'empresse de prendre la place de Brad au piano. Bientôt, tout le quartier se presse sur le pas de sa porte pour l'entendre.

Nayla et Johnny ont à peine trente ans. Mais ils sont déjà vieux, dépassés, dans le monde qui est le leur, celui des grandes agences de mode. Maintenant qu'ils ne tiennent plus le haut du pavé, l'agence qui les paie leur confie des missions d'un autre genre. Ils sont désormais chargés de recruter des êtres plus jeunes, de nouveaux visages, de nouveaux corps, qui seront les top models de demain. Tous les moyens sont bons pour s'attacher ces êtres : le sexe, la drogue, la comédie des amours. Entre Montréal, Londres et Milan, avec le plaisir comme seule boussole, ils s'inventent des jeux cruels, dans lesquels on ne sait plus où commence le fantasme et où s'arrête la réalité. Descriptions de sexe et language grossier.

Dans ce roman bref, construit comme un polar, Mauricio Segura propose une réflexion à la fois grave et profondément émouvante sur les liens, insaisissables, indénouables, qui unissent les hommes à la terre.

En dehors de sa passion pour sa femme, Don Dechin a un but dans la vie : écrire. Mais voilà, pas facile d'écrire un roman fracassant quand on est prof de lycée et qu'après la journee de cours, il faut encore affronter un voisin pas content et les tracas quotidiens.

