Romans

Au coeur de la Louisiane et des plantations de coton, Eleanor et Eve grandissent ensemble. Tout les oppose : l'une est blanche et fille de médecin, la seconde est métisse et fille d'esclave. Toutes deux sont soumises à un destin qu'elles n'ont pas choisi, tandis que la guerre de Sécession se prépare. ©Electre 2017

Aux belles heures de sa bibliothèque, le Mont-Saint-Michel était connu comme la Cité des livres. C'est là, entre les murs gris de l'abbaye, que trouva refuge, au xve siècle, un peintre hanté par le souvenir de celle qu'il aimait. C'est là, entre ciel et mer, que le retrouvera cinq cents ans plus tard une romancière qui cherche toujours le pays des livres. Ils se rencontreront sur les pages d'un calepin oublié sous la pluie.

Au cours d’un été d’orages et de tempêtes suivant la disparition de son père, Dominique Fortier tient un carnet où elle explore le pouvoir des souvenirs à nous survivre et à élargir le réel. Elle recense autour d’elle les mystères grands et petits jalonnant nos existences : le fleuve qui coule à l’envers, des oiseaux qui parlent, le brouillard qui se dissipe comme un rideau se déchire, une montre à moitié cassée et assez de questions pour durer toute une vie.

Avant de mourir, Emily Dickinson demande à sa soeur Lavinia de détruire tous ses écrits. En découvrant la beauté de ses poèmes, Lavinia ne peut se résoudre à respecter ses dernières volontés. Elle demande alors à Susan, sa belle-soeur, et à Mabel, la maîtresse de son frère, de l'aider à les publier. ©Electre 2023

Percé, 1969, un mystérieux cuirassé mouille à quelques brasses du fameux rocher. Son équipage ? Un bataillon de femmes venues des quatre coins du globe et porteuses d’un projet aussi inouï que secret. Parmi toutes les femmes qui observent ce spectacle singulier, Agnès, nouvellement exilée de Montréal, et sa logeuse, madame Sergerie, se sentent particulièrement interpelées par la mission de cette étonnante troupe toute d’orange vêtue. On retrouve Jean-Michel Fortier au sommet de son art, dont on reconnaît immédiatement les intrigues finement construites, les personnages délicieusement décalés et la plume unique.

Colin Bourque, bientôt 17 ans, et sa best Eugénie Bujold font comme tous les adolescents de Sainte-Foy en 2003: attendre l’autobus (la 800, la 801, la 7 et la crisse de 13), flâner au centre commercial, se brancher sur MSN, travailler le dimanche, avoir honte de ses parents, tout faire pour ne pas devenir les rejets de l'école, espérer tomber en amour. En secret, Colin écoute Céline Dion et aime les garçons. Un, en particulier. Être ou ne pas être fake; pour Colin, là est toute la question : entre silence, mensonge et vérité, son cœur balance

Quand son père mourant commence à l'appeler Maurice, Philippe apprend l'existence d'un oncle, gai comme lui, qu'on lui a caché. Pourquoi cet effacement? Un roman comme un dialogue entre deux générations. Un récit queer sur la mémoire et la transmission, entre les grandeurs de l'Alaska et les bars de Montréal pris d'assaut par la police.

Ivan Zolotov naît à Gorki en 1940. À trois ans, l'historien et professeur d'histoire en devenir appuie sur le bouton déclencheur de son premier silence d'impact. À neuf ans, au parc d'attractions Karl-Marx, il hurle sa mort de peur, bien agrippé au wagon de tête de la Terreur de Gorki. Adulte, entre Lyon et Montreux, il découvre les fabuleuses prestidigitations du Cirque Volant. À Cuba, la statue d'une vierge enceinte. Il enseigne à Barcelone, là où à l'ombre des Jeux olympiques, il devient témoin privilégié de la consécration planétaire de la Toile invisible. En retrait du temps qui passe, à cheval sur deux siècles, Zolotov est ici à vélo, là au fond de l'eau ou encore assis sur les épaules de son père, sous-secrétaire chez GAZ, tandem tentant d'apercevoir Staline, même de loin, couper le ruban inaugural de la cathédrale AGROGORKI. C'est depuis la cabine d'un poids lourd que Zolotov découvre les talents du patriarche d'une immémoriale lignée de romanichels roumains, le grand Nic Nicolo, père d'une adolescente à la tête d'un écosystème commercial fermé, réseau prospérant entre le McDonald's de Lausanne et le riche manoir d'Emma de Gaspière.

" Pour Julie, finissante en travail social, ce sont les souvenirs beige sale de sa jeune vie qui n'ont de cesse de s'imposer. Autant fuir tout ça. Ne pas hésiter à y mettre de la distance. Jusqu'à mille kilomètres. Quitter Montréal pour la Baie-des chaleurs. Julie accepte un emploi dans un Centre d'animation pour personnes touchées d'une déficience intellectuelle. " Y'a juste quand je travaille que ma vie s'arrange avec la vie. " Mais il y a au Centre un Raymond. Raymond de Chandler. Qui déchiquette du papier du matin au soir. Comme on déchiquette des souvenirs ou du présent trop accaparant... Raymond qui raconte aussi de drôles d'histoires. Puisées à un passé douteux. Ou à un présent aussi froid qu'un crime dhiver. " -- 4e de couv.

Une femme de 93 ans, parfaitement lucide, a été placée par sa famille dans un CHSLD de Québec. Malgré son vieil âge, elle bouscule, elle dérange. Elle exprime avec un franc-parler teinté d'images mélancoliques son mécontentement, et ses pires constatations, de même que ses souvenirs les plus précieux. L'élégance et l'intelligence du discours du personnage s'opposent à ce mouroir d'inhumanité dans lequel vit Clara. Terriblement d'actualité, ce texte soulève des questions morales épineuses.

