Romans

En questionnant son enfance en Chine, en revisitant mentalement les lieux qu'elle a aimé, notre narratrice pénètre quelques mystères et entre en conflit avec la réalité. Son compagnon, qui est archéologue, a beau tenter de la sortir de ses limbes, elle plonge dans sa mémoire comme on plonge dans la folie : creusant sa tombe. Pour qu'elle s'en sorte, il lui faudra bien admettre que tout est réel, l'enfance chinoise comme l'univers adulte canadien, le champ doré du passé comme la mer nostalgique du présent. 2002.

Yuan et Sassa sont séparés lorsque Yuan choisit un jour de quitter Shanghai pour s'établir à Montréal parce qu'il se sent étranger dans son propre pays. Mais Sassa décide de ne pas le suivre. Leur amour supportera-t-il cet éloignement? Empruntant à la tradition du roman épistolaire quelques-uns de ses effets les plus bouleversants, "Les Lettres chinoises" raconte le déracinement, les départs, le choc des cultures et les amours impossibles. Un roman qui fait preuve d'une grande sensibilité.

Au bord d’une rivière éternelle, trois revenants se rencontrent. Réincarnés en animaux mal-aimés – rat, mouche, serpent –, ils ont l’impression de se trouver en meilleure situation que jadis, lorsqu’ils vivaient sous forme humaine. Comme cette vie d’avant les hante toujours, ils entreprennent de raconter leur version des faits, exprimant leurs hontes, leurs remords et parfois leur amertume...

Ying Chen donne ici un livre dérangeant, choquant, scandaleux. Avec une dévorante ironie, elle dynamite les bons sentiments qui encombrent immanquablement les discours au sujet de la maternité.

Avec cette manière si personnelle d’évoquer des destins en faisant dialoguer les vivants et les morts, Ying Chen raconte ici merveilleusement la vie d’une illustre femme de science par la voix de sa fille, devenue à dix-huit ans son assistante sur les champs de bataille et, par la suite, dans son laboratoire. Comment ne pas penser à Marie Curie et à sa fille Irène dans cette remémoration d’outre-tombe qui fait revivre la destinée de ces deux scientifiques ainsi que d’autres membres tout aussi célèbres de cette famille, leurs aléas dans l’histoire et aussi leurs combats.

Quel soulagement de n'avoir plus rien à faire que de jouer, de contempler, de paresser, de faire une sieste à midi, de vivre comme au commencement de la vie et aussi comme à la fin du monde, sans projet d'aucune sorte, sans jamais de hâte, l'air clochard, dans l'abandon, dans le présent uniquement. Je suis convaincue que je suis en train de vivre la meilleure de toutes mes existences.

Une jeune femme épouse un archéologue pour former un couple en apparence comme les autres dans son milieu intellectuel et bourgeois. Mais voilà qu'elle est happée par le souvenir d'une de ses vies antérieures.

père", un peintre célèbre, très gravement malade. Ying Chen avait tracé le portrait de sa mère. 2006.

En 1912, alors que le dernier empereur chinois était chassé du trône, grand-mère Lie-Fei avait cinq ans. Elle venait de subir l'opération destinée à rapetisser ses pieds, afin de les rendre « beaux comme des fleurs de lotus ». Mais grâce au changement, ou à cause de lui, l'intervention fut vite interrompue, et c'est avec des pieds « moyens » - garants d'une position médiane dans le conflit entre la tradition et la modernité - qu'elle traversa sans trop de heurts le régime communiste... Ce destin singulier, la narratrice, « la petite », le retrace avec un humour et une tendresse jamais démentis, tout au long d'une histoire qui parcourt le xxe siècle, celle de grand-mère Lie-Fei, bercée par les couleurs des eaux d'une Chine en profonde mutation.

Une jeune Chinoise en âge de se marier décide de se révolter et de punir sa mère abusive au prix de sa propre vie.

