Romans

New York, 1834. Dans un hospice protestant se présente un soir une jeune femme. Arrivant de Montréal, Maria Monk cherche nourriture et réconfort. Sur l'invitation des bonnes gens qui l'hébergent, elle raconte alors son histoire, de son enfance à sa fuite de l'Hôtel-Dieu, où, durant son noviciat et après sa prise de voile, elle aurait été victime d'abus. Les hospitalières de ce couvent auraient soumis régulièrement les jeunes. religieuses aux fantaisies sexuelles des prêtres du séminaire. Publié tout d'abord dans l'American Protestant Vindicator, le récit de Maria Monk souleva passions et interrogations, jusqu'à ce que l'archevêché accepte l'inspection du couvent de l'Hôtel-Dieu de Montréal, en présence de personnalités au dessus de tous soupçon. Faisant la lumière sur le scandale qui a secoué la société new-yorkaise de l'époque, ce roman évoque les combats larvés entre catholiques et protestants et la misère sociale qui afflige une partie de la population du Bas-Canada, particulièrement les femmes.

Pourquoi ne pas opter, si on peut se les payer, pour le confort et la facilité ? Repas fournis, fauteuils de cuir blanc cassé dans le hall, vue imprenable sur le mont Royal, cela ne vaut-il pas mieux que de s'échiner à entretenir une maison ? C'est ce que croit Jacqueline Laflamme, grand reporter à la retraite, lorsqu'elle emménage au Bel Âge, élégante résidence pour personnes âgées à Outremont. Le hic, c'est qu'il y a des règles dans une résidence. On ne peut pas, par exemple, s'asseoir avec qui on veut pour les repas. C'est ainsi que Jacqueline ne mange pas à la table des six , qui représente la crème de la crème des pensionnaires. Et il y a pire. Les atteints. Ceux qui n'ont pas eu la chance d'avoir un cancer et dont l'esprit sombre tranquillement mais irrémédiablement dans les ténèbres de la démence. Ils bavent en mangeant, reniflent, se font dessus. Bref, ils gâchent le plaisir de tout le monde. Est-ce pourtant une raison pour qu'on exige qu'ils soient exclus des repas et des activités de la résidence ? C'est ce que croit Pierre, le juge, qui fait pression auprès de Lucie Robitaille, la directrice de la résidence. Mais Jacqueline Laflamme ne l'entend pas de cette oreille. Elle a encore ses principes, son sens de la justice, et elle dit non à l'apartheid chez les vieux. Cest donc la guerre qui éclate au Bel Âge. Et la guerre, elle connaît ça !

Louise Durand est grand reporter pour un quotidien montréalais. Elle a la sensibilité à fleur de peau d'une femme qui a été témoin de trop de tragédies et la combativité de celle qui doit, pour survivre dans son milieu où la concurrence est féroce, donner plus de coups qu'elle n'en reçoit. Sa meilleure amie, Carole, est chef de cabinet du maire de Montréal. Si Louise, qui est en couple, a toujours refusé la maternité, Carole, veuve depuis quelques années, se sent de plus en plus attirée par l'idée d'avoir des enfants. Au cours d'une mission à Kaboul, Louise fait la connaissance de Soraya, jeune Afghane mariée de force qui a fui un époux violent. Elle habite dans un refuge tenu par Farida, qui se bat pour toutes les victimes de crimes d'honneur. Touchée par le courage des deux femmes et par la détresse de Soraya, Louise promet d'aider celle-ci, de la soutenir lorsqu'elle se réfugiera à Montréal. C'est à cause de cette promesse que Soraya, pour la première fois de sa vie, quitte son pays, sa culture, pour faire la longue route qui la mènera vers un autre monde, où elle pourra enfin aimer et vivre librement. Ce premier roman de la journaliste Michèle Ouimet nous révèle une plume qui sait, avec une rare intensité, rendre vivants des personnages. La Promesse propose une fine réflexion sur la fragilité des idéaux, sur la difficulté de venir en aide aux êtres dont le destin nous émeut, sur l'amitié au féminin. Le roman brosse également un portrait doux-amer des milieux journalistiques montréalais et de la place qu'y tiennent les femmes.

Un récit fabuleux, percutant, parfois drôle parfois émouvant, qui lève le voile sur une culture légendaire. L'action se situe en Algérie, au coeur des années cinquante du siècle dernier, juste avant que ne se déclenche la Guerre d'Indépendance. Tandis qu'au Café Maure, des hommes meurtris s'affrontent en discussions politiques et philosophiques sans issue, le jeune apprenti Fekkir confronte la réalité dans l'action et découvre l'amour.

Nora, scénographe passionnée et assoiffée de liberté, revit le destin du grand amour de ses grands-parents, Maroussia et Jacob, à travers des lettres découvertes dans une malle, écrites en 1911. Le destin du jeune couple croule sous le poids de l'histoire soviétique. Il est envoyé en Sibérie. Elle élève seule leur fils. Nora s'empare de l'histoire et la nourrit de ses recherches dans les archives. ©Electre 2018

"Mon Dieu, qu'ai-je fait pour mériter un tel bonheur" se dit une timide bibliothécaire, qu'un peintre renommé et plus âgé qu'elle remarque et épouse. Pauvreté, disgrâce, infidélités du mari: rien n'entame le bonheur mystérieux de la femme. Quand l'homme de sa vie mourra, elle vivra son chagrin puis rouvrira ses livres.

Le docteur Koukotski a un don : à chaque fois qu'il examine ses patients, il a une vision du mal dont ils souffrent. Mais ce don disparaît dès qu'il a des relations sexuelles. Au début de la Seconde Guerre mondiale, il sauve Eléna et la recueille chez lui avec sa fille Tania et sa nourrice Vassilissa. Il l'épouse et le don reste grâce à son amour. Mais les temps heureux ne durent pas...

Trois amis deviennent dissidents par amour pour la littérature : Ilya, Sania et Micha font connaissance à l'école où ils sont les souffre-douleur d'autres camarades, plus grands ou plus forts. Car Ilya est laid et pauvre ; Sania un musicien fragile ; quant à Micha, il est juif... Le soutien de leur professeur de lettres est essentiel pour les trois amis, en cette Union soviétique qui vient de vivre la mort de Staline et où chacun doit se positionner par rapport au pouvoir. Ilya documente ces années mouvementées en prenant des photos, tandis que Micha se rapproche du samizdat. Et lorsque Micha est dénoncé et déporté dans un camp, c'est Sania qui se charge de s'occuper de sa femme et de son enfant. Dans cette vaste fresque qui plonge le lecteur au milieu de la tragédie soviétique, Ludmila Oulitskaïa sait tirer le meilleur profit de son immense talent de conteuse pour évoquer aussi bien la grandeur des hommes mus par le courage, les idéaux et l'amour, que les horreurs de la lâcheté, de la trahison et de la violence politique. Un magnifique roman dans la grande tradition russe.

Médée, calme et lumineuse, un centre mystérieux autour duquel gravite une immense famille, des gens ballottés de-ci de-là, aux destins parfois tragiques. Contrairement à sa célèbre homonyme, Médée Mendès est une porteuse de vie, qui soutient, réconforte et pardonne.

Nora, scénographe passionnée et assoiffée de liberté, revit le destin du grand amour de ses grands-parents, Maroussia et Jacob, à travers des lettres découvertes dans une malle, écrites en 1911. Le destin du jeune couple croule sous le poids de l'histoire soviétique. Il est envoyé en Sibérie. Elle élève seule leur fils. Nora s'empare de l'histoire et la nourrit de ses recherches dans les archives. ©Electre 2018

