Romans

Paul cracha le sang qui lui était remonté à la bouche et se laissa glisser jusqu'au sol. Les deux autres le prirent par les épaules et le hissèrent sur la banquette arrière. Hauteville plaça un chandail sous sa tête en guise d'oreiller.- Il va de plus en plus mal, Normandin. Faut qu'on se dépêche.- Ça irait plus vite si on savait où on s'en va.- Non, ça irait pas plus vite, ça ferait juste moins peur. Conduis, c'est à ton tour, moi je vais m'occuper de lui. Ce premier roman de Mathieu Handfield, qui tient à la fois du western, du conte et du récit initiatique, raconte la quête de trois compagnons de voyage (un malade incurable, un meurtrier en fuite et l'auteur peu inspiré d'un spectacle de fin d'année) qui se retrouvent, malgré tout ce qui les sépare, liés par le destin et par un homme qui porte une fausse moustache, afin de vaincre leurs démons et, peut-être, la mort. C'est une histoire aussi réconfortante que déroutante, comme les larmes d'un ours savant amateur de whisky.

Napoléon Macdougall, accablé par un inconfort constant dû à sa grandeur hors norme, inspire malgré lui un nain riche et gueulard par son fantasme d’agrandir le monde. S’ensuivent la métamorphose cauchemardesque d'une ville, une dépression collective, de mystérieuses disparitions, une histoire d’amour assombrie par un as de la baignade, des travaux forcés dans une caverne, des poursuites automobiles psychanalytiques et, surtout, un torrent d’égoïsme, de désespoir et de jurons... Ceci n’est pas une histoire de dragons, un roman épique dans lequel, au bout du compte, personne n’est un héros.

Quatre personnages anonymes, réunis par l'aventure de l'espace quotidien le découvrent au fur et à mesure qu'il s'étend devant eux. A chaque pas naissent des paysages inconnus, c'est le regard qui les fait apparaître. Le guide qui les conduit c'est peut-être l'absence.

Un écrivain qui vit seul sur une péniche, en Serbie, invite sept amis à dîner. A leur grande surprise, il est accompagné par une femme alors qu'il est connu pour être misogyne. Il leur raconte, au cours de la soirée, son voyage en Europe de l'Ouest.

Sans raison, une femme demande à son mari de s'en aller et de la laisser seule avec son fils de huit ans. Elle est désormais libre. Adapté au cinéma par l'écrivain en 1978.

Un jour d'été, en Ile-de-France, le narrateur est piqué au pied par une abeille, fait qu'il interprète comme un signe annonciateur de sa rencontre avec la voleuse de fruits. Sur les traces de cette jeune femme, dont l'intention est de rejoindre sa famille, il entame alors un périple épique vers la Picardie au cours duquel chaque détail du monde qui l'entoure prend une signification singulière.

Un jardinier solitaire est habité par un démon et plonge dans des crises de plus en plus fréquentes et violentes. Un jour, il est libéré par le regard d'un homme. Le monde s'ouvre alors de nouveau à lui. ©Electre 2024

L'auteur y emprunte le masque d'un narrateur qui lui ressemble : Georg Keuschnig, écrivain autrichien habitant près de Paris et qui évoque une année de sa vie dans une banlieue tranquille en lisière de forêt.

Un psychiatre traite Joseph, un septuagenaire amnésique, né en 1924 du viol de Blanchette, encore enfant, dans les quartiers pauvres d'Algérie.

Roman surréaliste qui campe ses personnages dans un bordel burlesque où des pensionnaires hilarants proposent leurs sensualités tarifiées à une kyrielle de clients avides de sensation extatiques. Rires garantis. Descriptions explicites de nature sexuelle. 2000.

